Le 26 novembre 2009, le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, annonçait son intention de mettre en place une prime pour l’achat d’un vélo ou d’un scooter électrique afin de « stimuler le marché ». Trois mois plus tard, où en sommes nous ?
Rappelant que les voitures électriques bénéficient déjà d’un bonus de 5 000 euros depuis le 1er janvier 2008, M. Estrosi avait indiqué qu’il avait « bien l’intention d’aider aussi les deux-roues électriques ».
« Je proposerai une prime de l’ordre de 400 euros » dont bénéficieront « tous ceux qui s’équiperont d’un deux-roues électriques », avait déclaré le ministre lors d’une conférence de presse en marge des rencontres nationales des transports publics à Nice, ville dont il est le maire. La prime doit « stimuler » un marché « encore balbutiant ». « Il s’agit également d’aider les industriels français à développer une offre compétitive sur ce segment », avait également ajouté Christian Estrosi, citant les constructeurs Peugeot et Matra.
Christian Estrosi reprenait ainsi une proposition du Comité de Promotion du Vélo, mais comme nous le pressentions, la limitait au VAE, tout en l’ouvrant aux scooters électriques. S’agissant d’une « annonce d’intention », nous invitions les entreprises à rester prudentes, et enjoignions les acteurs du vélo à encourager la mise en forme effective de cette proposition stimulante.
Trois mois plus tard, où en sommes-nous ?
En février 2010, de source proche du ministère, le Cabinet de M. Estrosi avait bien constitué un dossier concernant cette mesure, mais la décision de la mettre en place devait encore être discutée en réunion interministérielle (encore non-programmée), l’arbitrage revenant in fine au Premier ministre.
Le comité de promotion du vélo soutient bien entendu cette initiative, tout en rappelant qu’elle milite pour un traitement égalitaire de tous les vélos.
Le comité de promotion du vélo rappelle également que le VAE n’est pas un marché de transfert du vélo vers le VAE, mais un nouveau marché qui attire de nouveaux usagers non-familiers du 2 roues. En cela, le VAE favorise le transfert du thermique vers le 2 roues. Le VAE constitue en outre une opportunité pour l’industrie et la distribution française, au travers de grandes marques et de grandes enseignes nationales qui ont fait le pari de promouvoir le développement de ce produit innovant.
En France, le VAE représente encore moins de 0,5 % du volume annuel de vélos vendus. Mais avec des taux de progressions annuels supérieurs à 50 %, la France se rapproche progressivement de l’Allemagne (2,3%) et de l’Italie (2,8%) qui a d’ailleurs mis en place un prime vélo en 2009… Quant aux Pays-Bas, ils demeurent la référence européenne avec un taux de pénétration du VAE de 10% environ.