Tour de Bretagne à vélo

Dans la foulée de notre descente de la Loire, nous avons continué à 2 pour un tour de Bretagne.

La première étape a consisté en une longue diagonale jusqu’à St-Brieuc. Pour la première fois, il y avait du givre le matin. Nous sommes passés le long de grandes forêts comme le domaine de la Grée de Callac et Brocéliande.

Château de la Grée de Callac

Fresque de Brocéliande

En milieu d’après-midi, nous avons gravi la colline de Bel-Air. Les panneaux indiquaient « site panoramique », mais malgré ses 339m d’altitude, le panorama n’était pas grandiose. Le sommet est juste couronné par une chapelle trapue.

Site panoramique de Bel-Air

Dans la descente, nous sommes tombé sur le joli village médiéval de Moncontour, quasiment désert pour un dimanche après-midi.

Moncontour

Le soir, après plus de 110km, nous avons atteint St-Brieuc. Le camping était très facile à trouver, mais le centre-ville, pas vraiment, on le traverserait presque sans le voir. On a du demander notre route.

St-Brieuc

Nous avons diné dans une crêperie excellente et ridiculement peu chère et où nous avons été les seuls clients.

Le lendemain, il faisait toujours aussi froid et aussi beau. Nous avons franchi un premier vallon dès la sortie de la ville, puis sommes redescendus jusqu’à la côte à Binic.

Plage de Binic

Binic

Mais ensuite nous sommes rentré dans les terres pour éviter les zig-zags et les dénivelés superflus qu’un itinéraire plus proche de la côte nous aurait contraint à suivre. Du coup, nous avons pique-niqué en milieu de journée à Pontrieux, traversé par une rivière bordée de nombreux lavoirs.

Lavoirs de Pontrieux

La plus belle cité de l’après-midi était Tréguier. Une très jolie ville médiévale et un peu plus animée que les villes et villages que nous avions traversé jusqu’alors.

Tréguier

Tréguier

Plus au nord, nous avons fini par atteindre la Côte de Granit Rose, à Port-Blanc.

Port-Blanc

Port-Blanc

Puis nous sommes revenus vers Lannion, notre ville-étape du jour.

Lannion

Le camping avait une panne de chaudière, donc pas d’eau chaude. Il a fallut se contenter d’une toilette de chat. Heureusement, le soleil diminuait la sensation de fraicheur. Mais au matin, la toile de tente était toute gelée, tout comme l’eau du bidon, le cuissard qui séchait sur le vélo et même le gaz qui refusait de sortir de la bouteille pour chauffer le café.

Givre à Lannion

La température est vite remontée, surtout avec le raidillon qui nous a fait sortir de la ville. Nous avons d’abord sillonné les petites routes entre quelques très beaux villages de granit comme Ploumilliau, Plouzélambre et Plufur.

Chapelle St-Cado à Ploumilliau

Vierge de Ploumilliau

Fontaine à Plouzélambre

Plouzélambre

Gargouilles de Plufur

Pour rejoindre Morlaix, nous avons utilisé l’ancienne nationale, et poussés par un fort vent d’Est, nous avons bien rattrapé le temps passé à flâner dans les villages.

Morlaix est une jolie petite ville surmontée par un haut viaduc. Mais pendant que nous y pique-niquions, aucun train n’y est passé, malgré l’importance de la ligne.

Et nous avons aussi vraiment remarqué que les bretons ne disent pas bonjour ou ne souhaitent pas bon appétit aux voyageurs, chose qui était tout à fait normale le long de la Loire ou même presque partout ailleurs. Ce n’est peut-être pas pour rien que le seul mot que tout le monde connait du breton est Kenavo pour « au revoir » et pas le mot pour bonjour : Demat.

Morlaix

Nous avons croisé un sympathique couple en tandem+remorque parti  de Mayenne pour un tour d’Europe. C’était le 19 avril, ils sont maintenant en Irlande et une page facebook permet de suivre leur périple.

Dans une étroite vallée boisée, nous sommes montés à l’assaut des Monts d’Arrée. C’était l’occasion de gravir quelques cols.

Col de Trédudon

Nous avons même coupé par un petit sentier pour rejoindre le col de Trévézel.

Passage VTT entre Trédudon et Trévézel

Roc'h Trévézel

Nous avons ensuite emprunté une grande route, car le choix était assez limité sur ces hauteurs désolées, pour contourner le réservoir St-Michel, au bord duquel se dresse l’ancienne centrale nucléaire de Brennilis à l’histoire compliquée.

Réservoir St-Michel

Nous avons finalement gravi la montagne St-Michel, 380m, au sommet duquel se trouve une petite chapelle et soufflait un vent soutenu. Il était possible de monter jusqu’au sommet à vélo.

Montagne St-Michel

Nous nous sommes finalement arrêté à Brasparts dans un petit camping à la ferme. Le terrain n’était pas encore tondu et le chauffe-eau tout juste redémarré pour un biologiste allemand qui s’était arrêté avant nous. Mais une panne d’électricité nous a finalement privé d’eau chaude pour une deuxième soirée consécutive.

Le lendemain, nous avons terminé rapidement notre redescente des Monts d’Arrée avec une petite halte aux ruines de l’église de Vieux Quimerc’h.

Ruines de Vieux Quimerc'h

Vieux Quimerc'h

Après un belvédère sur l’Aulne maritime et le Menez Hom, j’ai subi la seule crevaison du voyage. Mais avec une petite bombe pour regonfler, nous n’avons pas perdu trop de temps.

L'Aulne et le Menez Hom

Nous avons traversé l’Aulne au très élégant pont de Térénez.

Pont de Térénez

Le pont marque l’entrée sur la presqu’ile de Crozon. Mais nous n’avons qu’effleuré la presqu’ile car c’est la montagne qui en garde l’entrée qui nous intéressait : le Menez Hom et ses 330m qu’il a fallu monter face au vent.

Au sommet du Menez Hom

Du sommet nous avons filé vers un supermarché pour le pique-nique et trouver un nouveau fromage et une nouvelle conserve de poisson que nous avons dégusté sur la place centrale du joli village de Locronan.

Locronan

Puis, repartis vers l’Ouest, le vent nous est redevenu favorable et nous a poussé vers Douarnenez et le Cap Sizun.

Connaissant la ville de ma randonnée en 2013 autour de la presqu’ile de Crozon, j’ai choisi la plus belle entrée possible face au port de Rosmeur.

Port Rosmeur à Douarnenez

Port de Rhu à Douarnenez

Après encore une trentaine de kilomètres à pleine vitesse, nous avons posé notre tente au camping de la baie (des Trépassés). Avant de faire un dernier détour par la pointe du Van et la baie elle-même.

Moulins de la Pointe du Van

Chapelle de la pointe du Van

Baie des Trépassés

Le lendemain, dès le départ, nous sommes allés tout au bout de la pointe du Raz. Il y avait peu de vent et absolument personne.

Sémaphore de la pointe du Raz

Impossible d’aller plus loin, il a fallu revenir vers l’Est.

Pointe du Raz

Nous avons ensuite entrepris de longer consciencieusement la baie d’Audierne, en commençant par la ville éponyme.

Audierne

Pors Poulhan

Nous nous sommes vite rendu compte de l’existence d’un réel balisage cyclable et il n’a pas été compliqué d’aller de petits ports en calvaires et de ruines en plages.

Ruines de Languidou

Notre-Dame de Tronoën

Il n’y avait pas un poil de vent pour lever la houle pour les surfeurs de la pointe de la Torche.

Pointe de la Torche

Autour de St-Guénolé et Penmarc’h, l’itinéraire suivait des détours tarabiscotés mais nous avons finalement rejoins le phare d’Eckmühl dont le nom nous plaisait pas mal.

Phare d'Eckmühl

Phare d'Eckmühl

Ensuite, nous sommes revenu par la grande route, heureusement bordée d’une bande cyclable, vers Pont-l’Abbé. La ville, pas du tout mise en valeur et gros nœud routier n’était pas du tout agréable. Par contre une jolie voie verte, pas du tout indiquée en sortie de Pont-l’Abbé, a rendu la fin de l’itinéraire plus agréable et nous avons rejoins Quimper.

Quimper

Nous avons diné dans une excellente crêperie de la place au Beurre avant de dormir au petit camping municipal.

Le jour suivant, nous avons entamé un retour vers l’Est au plus direct. Du coup nous n’avons pas du tout longé la côte sud de la Bretagne mais passé quand même quelques villes et villages intéressants de l’intérieur comme Quimperlé et Hennebont.

Petite chapelle St-Mathieu

Quimperlé

Pont à Quimperlé

Pont-Scorff

Porte de l'enceinte médiévale d'Hennebont

La journée a été longue, à nouveau 110km, avant de faire étape à Camors. La dernière étape a été ensuite bien plus courte et passait par les landes de Lanvaux, le château de Trédion et la petite ville de Malestroit.

Château de Trédion

Malestroit

Malestroit

Malgré le ciel plus couvert que les jours précédents, nous sommes passés entre les gouttes. En une semaine en Bretagne, nous n’avons enfilé les vêtements de pluie que 10 minutes le premier jour.

Le dernier jour des vacances, j’ai rejoins seul la gare de Rennes depuis La Chapelle-Gaceline pour reprendre un TGV pour Paris. J’ai essayé de passer au plus près de la Vilaine mais en restant sur les petites routes goudronnées, du coup ça m’a rajouté des kilomètres et du relief.

Vallée de la Vilaine

Je suis arrivé à Rennes en fin de matinée pour trouver un centre-ville quasiment désert.

Rennes

Rennes

Voici le tracé des étapes de cette deuxième et dernière partie du voyage :

9. La Chapelle Gaceline – Saint-Brieuc : http://www.openrunner.com/index.php?id=5994030
10. Saint-Brieuc – Lannion : http://www.openrunner.com/index.php?id=5994150
12. Brasparts – Cleden-Cap-Sizun : http://www.openrunner.com/index.php?id=5994336
13. Cleden-Cap-Sizun – Quimper : http://www.openrunner.com/index.php?id=5994426
15. Camors – La Chapelle Gaceline : http://www.openrunner.com/index.php?id=5994537

16. La Chapelle Gaceline – Rennes : http://www.openrunner.com/index.php?id=5994584

Loire à vélo d’Orléans jusqu’en Bretagne

Papa et maman, enfin surtout cette dernière, voulaient descendre la Loire à vélo. Ça faisait 5 ans et demi, depuis notre tour de Suisse en 2010 que nous n’avions pas pédalé ensemble. Mais cette année, on a pu s’organiser et nous sommes partis début Avril d’Orléans.

Orléans

N’ayant démarré qu’à 14h, la première étape a été très courte, guère plus de 30km jusqu’à Beaugency. Nous avons commencé rive gauche et traversé à Meung-sur-Loire pour continuer rive droite.

Kayaks au pont de Meung-sur-Loire

Château de Meung-sur-Loire

La pluie s’est mise à tomber juste avant l’arrivée, mais ça n’a duré qu’une grosse heure. Nous avons diné dans une brasserie de la ville et profité toute la nuit du raffut d’une grande colonie de mouettes. Le matin nous nous sommes réveillés sous un franc soleil et les mouettes étaient toujours là, au pied du pont de Beaugency.

Beaugency

Mouettes à Beaugency

Un château un peu moins renaissance que les autres a d’abord dominé le paysage : la centrale de St-Laurent-les-Eaux.

Centrale de St-Laurent

Nous avons retraversé la Loire entre Mer et Muides. J’ai une photo du même endroit prise en juin 2012 où l’eau était bien plus bleue.

Loire entre Mer et Muides

Nous sommes ensuite arrivés dans le parc de Chambord, où après une longue ligne droite de 6km, nous avons débouché sur le château.

Vélos devant Chambord

Le balisage était très facile à suivre ensuite jusqu’à Blois où nous avons déjeuné. La Loire y était vraiment très haute et débordait presque sur la piste cyclable.

La Loire à Blois

Un peu plus loin, l’itinéraire est monté dans les coteaux. Peu après Chambord nous avions déjà vu nos premiers vignobles. Après avoir franchi le Beuvron, premier affluent visible de la Loire depuis le Loiret, nous avons vite atteint le pied du château de Chaumont-sur-Loire.

Chaumont-sur-Loire

Puis après un nouveau passage sur les coteaux, nous sommes arrivés à Amboise par le haut, avec une belle vue sur la ville.

Clos Lucé à Amboise

Le camping de l’ile était un peu moins vide que celui de Beaugency, mais nous étions toujours les seuls cyclocampeurs. Après avoir déposé nos affaires nous sommes retourné manger en ville. Nous n’avons pas hésité à manger au restaurant quasiment tous les soirs. Les soirées un peu fraiches n’incitaient pas vraiment à rester dehors.

Porte d'Amboise

Château d'Amboise

Chapelle du château d'Amboise

Le lendemain, nous sommes repartis dans la grisaille en direction de Tours. L’itinéraire faisait de beaux détours dans les vignobles et de premières habitations troglodytes ont fait leur apparition. Détours finalement bienvenus pour éviter la monotonie d’un chemin sur digue comme à beaucoup d’autres endroits le long de la Loire.

Mur de théières à Lussault

Peu avant Tours, il s’est mis à pleuvoir et nous n’avons pas vraiment profité de la ville. Le centre historique m’a semblé minuscule au milieu d’une ville relativement longue à traverser.

Maisons de Tours

L’itinéraire s’est éloigné de la Loire pour longer un moment le Cher et nous faire arriver au joli village de Savonnières. La pluie s’est progressivement arrêté.

Savonnières au bord du Cher

Nous avons pique-niqué là et Phlau, en vacances à Saumur et venant de terminer un Lille->Saumur (600km) en 3 jours, nous y a rejoint et nous a accompagné tout l’après-midi.

Nous sommes d’abord passé par Villandry, où les célèbres jardins restent bien dérobés aux regards derrière de hauts murs et haies.

Villandry

Ça ne nous a pas empêché de faire déjà une nouvelle pause dans un café avant de repartir bien aidés par le vent sur la digue qui longe la Loire rive gauche. À Bréhémont, les embarcations de pêche à fond plat étaient nombreuses.

Bâteau à Bréhémont

Plus loin nous avons boudé le château de Rigny-Ussé.

Château de Rigny-Ussé

La journée s’est terminé par quelques petites côtes pour rejoindre la vallée de la Vienne à Chinon où Phlau nous a laissé pour regagner Saumur. Ce fût notre plus longue étape avec 91km et le restaurant du soir le meilleur du voyage.

Chinon

Vignes à Chinon

Le lendemain, nous avons terminé notre petit détour par Chinon pour rejoindre l’itinéraire principal de la Loire à vélo au confluent de la Vienne et de la Loire à Candes-St-Martin.

Candes-St-Martin

Pour nous rendre à Saumur, nous avons préféré la variante « par les coteaux ». De Montsoreau, on voyait toutes les composantes de la vallée : la Loire bien sûr, un château, des vignes et la centrale nucléaire de Chinon.

Loire à Montsoreau

Après quelques montées et descentes dans les vignes, nous avons atteint Saumur.

Château de Saumur

Nous sommes ensuite resté bien le long de la rivière toute l’après-midi, passant par de très jolis villages comme Trèves et Cunault.

Tour ruinée à Trèves

Eglise de Cunault

Nous avons campé dans la banlieue d’Angers, aux Ponts-de-Cé. La sacoche de guidon de papa a cassé sur le chemin du supermarché. Comme quoi, même du bon matériel allemand…

Du coup le lendemain nous avons profité de notre passage à Angers pour trouver un vélociste et réparer.

Angers

Angers

Là encore, ce n’est pas la Loire qui coule à côté de nous, mais un de ses affluents, la Maine, nous offrant un beau couloir de verdure jusqu’à Bouchemaine.

Château d'Angers

La Maine

Voie verte le long de la Maine

Toute la matinée nous avons doublé et été redoublé par une dame faisant une reconnaissance pour ses élèves. Elle a finalement pique-niqué avec nous à Montjean-sur-Loire.

Montjean-sur-Loire

La vallée est devenue plus plate et monotone. Une bonne partie de l’après-midi nous avons roulé sur une route de digue avec un peu de circulation automobile.

Pont d'Ingrandes

Le dernier gros bourg de la journée était St-Florent-le-Vieil. À l’entrée, l’itinéraire était en partie inondée (déjà à Angers nous avions dû contourner un passage sous un pont impraticable).

Cale à St-Florent-le-Vieil

La ville était tout à coup étonnamment pentue et dominée par une ancienne abbaye.

St-Florent-le-Vieil

Le soir, nous avons fait étape à Ancenis, après avoir traversé son historique pont suspendu pas du tout aménagé pour les vélos et à fort trafic.

Ancenis

C’est là que nous avons vu notre premier camping avec un vrai espace aménagé pour les cyclistes, c’est-à-dire avec des barrières pour appuyer les vélos et une grande tente pour manger à l’abri (avec frigo, micro-ondes, des fils pour le linge…). Mais ce soir là c’était encore restaurant car des amis nous ont rejoint pour la soirée.

Le lendemain, nous avons roulé vers Nantes et rattrapé la pluie peu avant d’entrer en ville. Ça a été la pire journée du voyage question météo avec 3h de grosse pluie en plein milieu de journée, nous obligeant à nous réfugier encore dans un bon restaurant à midi (c’est pas de chance hein !)

Château de Nantes

Nantes

Nous avons campé dans un très sympathique camping municipal à une trentaine de kilomètres en aval, au Migron, avec comme à Ancenis une vraie halte pour cyclos aménagée. Personne à l’accueil et juste une boite au lettre pour payer. Le soleil a enfin percé en toute fin d’après-midi.

Pour notre dernier jour le long de la Loire, un fort vent d’ouest s’est levé sur l’estuaire, chassant les nuages mais entravant un peu notre progression. L’itinéraire se trouve rive gauche car la rive droite est très occupée par les zones industrielles, notamment Donges.

Dans l'estuaire de la Loire

Zone industrielle de Donges

Du coup, pour partir vers la Bretagne ensuite, une grosse épreuve nous attendait, la traversée du pont de St-Nazaire. En tout cas, il en imposait derrière les cabanes de pêcheurs.

Pont de St-Nazaire

Pont de St-Nazaire

Mais d’abord, nous sommes allés au bout de St-Brevin-les-Pins pour vraiment voir l’océan Atlantique… et une étrange sculpture en forme de squelette de baleine.

Squelette de St-Brevin-les-Pins

Puis nous avons traversé le pont de St-Nazaire, 4km de long (le plus long de France), un point culminant à 60m au dessus de la Loire, un fort vent latéral et une bande cyclable symbolique à côté de ce qui ressemble à une autoroute mais heureusement avec un trafic de poids lourds relativement faible et une vitesse limitée à 70km/h.

Après ça, le vent a été notre allié tout l’après-midi à travers les marais de la grande Brière. Nous avons fait quelques détours parmi les « iles ».

Grande Brière

Et nous sommes arrivés assez tôt à la Roche-Bernard, première étape bretonne du voyage. La ville est une jolie cité de caractère, accrochée sur son rocher et dominée par un beau pont suspendu.

Pont de La Roche-Bernard

Le centre est plein d’ateliers d’artistes.

Petits personnages de la Roche-Bernard

Le lendemain, j’ai fait un petit détour par le pont pour avoir une vue sur la Vilaine.

La Vilaine à la Roche-Bernard

Ensuite, nous avons commencé à rencontrer très fréquemment des panneaux routiers typiquement bretons qui indiquent un enchevêtrement de routes et de lieux-dits.

Panneau routier breton

Nous avons ensuite longé le canal de Nantes à Brest une bonne partie de la journée en traversant notamment la jolie ville de Redon.

Redon

Puis nous nous en sommes éloigné pour passer à la Gacilly et rejoindre notre gîte pour l’étape à La Chapelle-Gaceline.

La Gacilly

C’est là que s’est achevé cette première semaine de voyage. Maman s’est arrêté à La Chapelle-Gaceline mais dès le lendemain j’ai continué avec papa pour rien de moins qu’un petit tour de Bretagne.

Voici le tracé des différentes étapes :

4. Chinon – Les Ponts-de-Cé : http://www.openrunner.com/index.php?id=5993681
5. Les Ponts-de-Cé – Ancenis : http://www.openrunner.com/index.php?id=5993736
7. Frossay – La Roche-Bernard : http://www.openrunner.com/index.php?id=5993845
8. La Roche-Bernard – la Chapelle Gaceline : http://www.openrunner.com/index.php?id=5993886

Forêts du Val d’Oise et BRM Briard

Sans projet mensuel comme l’an dernier avec les brasseries, rien ne m’a incité à faire des balades à vélo pendant 2 mois gris et souvent pluvieux. Mais ça y est, c’est reparti et le très ensoleillé weekend dernier, je suis allé explorer les forêts du Val d’Oise avec Adèle et Julien.

Nous nous sommes donné rendez-vous au bord du canal St-Denis près de la porte de la Villette. Avant de les rejoindre je suis passé devant la Philharmonie qui n’a toujours pas l’air terminée, ses abords sont toujours un peu en chantier.

Philharmonie de Paris

La piste le long des maréchaux, construite en même temps que le tramway T3 est pas mal dans cette portion et c’est la première fois que je traversais le canal de l’Ourcq à cet endroit.

Bassin de la Villette

Géode et Sacré-Coeur

Nous avons commencé par suivre l’itinéraire Paris-Londres le long du canal St-Denis, avec toujours ses traversées de zones industrielles mêlant pavés, sable, graviers et rail… Les JO de Londres sont passés depuis 4 ans (l’itinéraire avait été créé l’année des JO) et un vrai itinéraire cyclable digne de ce nom à cet endroit n’a pas l’air plus près de voir le jour qu’à l’époque. Enfin le canal St-Denis est quand même une sortie de Paris super pratique alors ne boudons pas notre plaisir.

Après avoir longé l’île St-Denis et traversé Epinay-sur-Seine, nous sommes tombés par hasard, en prenant par erreur un morceau de Nationale 14 heureusement peu fréquentée à cette heure, sur l’église Notre-Dame-des-Missions. Église surprenante parce qu’elle est un reliquat de l’exposition coloniale de 1931. Elle a été déplacée du bois de Vincennes et reconstruite en dur ici. Elle a donc un style très particulier qui mélange Art Déco et styles d’Asie du Sud-Est.

Notre-Dame des Missions à Epinay

Un peu plus loin nous avons contourné le lac d’Enghien aux abords assez chics et parmi une horde de joggeurs… sur les pistes cyclables évidemment.

Casino d'Enghien

Un peu plus loin, nous avons entamé notre montée dans la forêt de Montmorency et fait un petit détour par le domaine de la Chasse. Un petit château au bord d’un lac attirait là encore des foules de sportifs. La forêt grouillait de coureurs et de vététistes. Il est même surprenant qu’on aperçoive si peu de monde sur la photo.

Château de la Chasse à Montmorency

Nous avons traversé la forêt par la route du faîte, qui comme son nom l’indique est située sur la plus haute crête de la forêt. Il y a quand même un peu de relief en Île-de-France. La Seine était à 28m à l’ile St-Denis et nous sommes montés à 192m ici.

Du coup, après une descente vers Baillet-en-France, tous ces efforts justifiaient bien de se ruer sur la boulangerie et d’engloutir force quiches, croque-monsieurs et viennoiseries.

Nous somme remontés ensuite vers la forêt de l’Isle-Adam par une route en lisière qui laissait de belles vues sur les environs, avant de redescendre jusqu’à la ville éponyme au bord de l’Oise.

Pont de l'Isle-Adam

l'Isle-Adam

Après une longue pause café, nous sommes repartis en passant par une curiosité d’un parc excentré de la ville, un pavillon Chinois. La journée était décidément exotique.

Pavillon Chinois de l'Isle-Adam

Nous avons rejoint une variante de l’itinéraire Paris-Londres le long de l’Oise, pour quelques kilomètres à peine. De nombreuses traces dans la boue témoignaient du passage des cyclistes mais l’itinéraire était vraiment piteux. Une forêt sale en bord de rivière, une centrale électrique de l’autre côté, un passage sous un pont autoroutier et des drainages mal faits qui font dégouliner le chemin de boue alors que le temps était plutôt sec depuis plusieurs jours… Non décidément les cyclos voyageurs ne doivent pas vraiment profiter de l’endroit.

Arrivé à Beaumont-sur-Oise nous avons fait le tour des ruines du château féodal. Ruines littéralement transformées en parking automobile histoire d’être mises en valeur. Mais depuis ce parking, l’église en impose.

Château de Beaumont-sur-Oise

Eglise de Beaumont sur Oise

Des bords de l’Oise nous avons attaqué la côte la plus ardue de la journée, 180m de D+ d’un coup, pour atteindre le sommet de la forêt de Carnelle. Puis nous sommes doucement redescendus de l’autre côté en passant par St-Martin-du-Tertre. Il s’y trouve une tour de guet qui malgré son apparence médiévale date du 19eme siècle. Elle n’a donc pas servie de point de la triangulation pour la mesure de la méridienne comme je le pensais car St-Martin-du-Tertre a bien été un tel point puisque la position élevée du village permet de voir loin.

Tour de guet de St-Martin-du-Tertre

Toujours en roue libre, nous nous sommes laissés glisser jusqu’à Luzarches. Nous sommes arrivés à 15h09 à la gare et le train suivant était annoncé pour 16h06. En gros, on venait d’en rater un. C’était une excuse parfaite pour pousser un peu plus loin.

Halles de Luzarches

Nous avons donc traversé, vent dans le dos, la « plaine de France », plutôt agréablement rurale bien que les terminaux de Roissy se profilaient à l’arrière plan. J’ai laissé mes 2 compagnons à la gare de Goussainville et j’ai décidé de rentrer à vélo.

De façon assez surprenante, il reste des vieux villages dans ce coin de banlieue, comme à Goussainville, le Thillay, Bonneuil-en-France ou même le centre de Gonesse, tous égrainés le long du ruisseau du Crould. Et le trajet était bien plus agréable que ce à quoi je m’attendais. J’ai aussi découvert l’immense parc de la Courneuve. Après, c’était moins agréable mais je me suis rapidement retrouvé porte de la Villette. Et finalement entre Goussainville (l’entrée dans la banlieue) et chez-moi, il n’y avait guère que 28km.

Au total cette journée était une belle balade de 115km dont voici le parcours : http://www.openrunner.com/index.php?id=5802011

BRM 200km de Noisiel

Cette balade dans le Val d’Oise a constitué mon unique entrainement pour, une semaine plus tard, participer au brevet de 200km organisé par l’Audax Club Parisien au départ de Noisiel.

Il a fait froid et gris toute la journée. Le vent était très favorable pour le retour. J’ai roulé en grande partie en compagnie de quelques membres du forum vélotaf.

À l’aller j’ai commencé par rester derrière le peloton de cyclos de Gournay-sur-Marne qui partait en même temps que moi à 7h10. J’ai continué seul quand ils ont fait leur première pause mais je n’ai jamais été seul bien longtemps car les cyclistes étaient encore assez groupés dans la première partie. J’ai eu un peu de mal à garder le même rythme que tout le gros des troupes dans la vallée de la Marne avec le vent de face, mais à Brasles, au premier contrôle, tout le monde faisait un grosse pause pour manger. J’y ai pointé à 11h25 au KM 84.

A cause du froid et comme j’avais déjà bien grignoté à Charly-sur-Marne, j’ai redémarré assez vite, pour me faire rattraper une vingtaine de kilomètres plus loin par mes comparses de vélotaf que j’avais moins de difficulté à suivre maintenant que le vent était plus favorable. Nous nous sommes arrêtés à Marchais-en-Brie, puis au deuxième contrôle à Rebais. Là clairement, nous n’étions plus avec le gros des troupes. Nous avons pointé à 14h40 au bar des 3 routes au KM 141.

Les derniers 60km, d’abord sur des petites routes avec des carrefours sans panneaux indicateurs étaient plutôt agréable. Puis, se rapprochant de Paris, le trafic est devenu plus dense et les routes étaient à nouveau connues. À la pause en haut du mur de Tigeaux, nous avons vu qu’en bourrant un peu nous pourrions arriver avant 18h. Du coup c’est ce que nous avons fait et nous avons pointé à l’arrivée à 17h55.

Pointages du BRM

Ce qui homologue mon premier BRM 200 en 10h45. Un temps dont je suis très content parce que je visais 12h, il faut dire que le froid n’a pas vraiment incité à faire trainer les pauses. 21km/h de moyenne roulante donc environ 9h30 de roulage et 1h15 de pauses.

Brevet homologué

Comme j’étais toujours relativement en forme et que je connais bien la route, je suis rentré à vélo (j’étais venu en RER le matin). La côte du pavillon Baltard à Nogent m’a bien achevé. Voila l’itinéraire complet : http://www.openrunner.com/index.php?id=5845732

Il y avait peu de participants, pas beaucoup plus d’une centaine à vu de nez et j’ai apprécié l’organisation assez artisanale : des coups de tampons sur une fiche cartonnée, une totale autonomie des participants considérés comme en « excursion personnelle ».

Il n’y avait presque que des vélos de route légers et beaucoup n’emportaient rien et profitaient des commerces ou des sandwichs du premier point de contrôle. Il y avait quelques randonneuses légères mais je crois bien que j’étais le seul avec une randonneuse lourde (seule concession, j’avais retiré l’antivol), avec une petite sacoche et 1kg de nourriture dedans. D’ailleurs j’ai passé la journée à manger, quand je ne pédalais pas.

 

Cerdagne et Conflent

Le hall de la gare d’Austerlitz est noir de monde, tous les trains de nuits sont complets. Je pars pour une gare terminus dont j’ignorais jusqu’alors l’existence : Latour-de-Carol-Enveigt, entre France, Espagne et Andorre. Je dors d’une seule traite jusqu’à Tarascon d’Ariège et les voyageurs s’éparpillent à chaque nouvel arrêt. La neige est tombée toute la nuit au dessus de 1000m d’altitude, le train roule jusqu’à 1400m. Au terminus nous sommes encore une petite trentaine à descendre. Et nous ne sommes finalement que deux, Adèle et moi, à terminer le voyage par une heure de train jaune jusqu’à la petite station de Vià. De là, il nous reste encore 45min de marche pour atteindre le centre-ville de Font-Romeu.

Après avoir récupéré l’appartement, nous partons pour une petite promenade au dessus du village. La forêt est parsemée de sculptures en un « musée sans mur ».

Musée sans mur de Font-Romeu

L’Ermitage est le lieu-dit historique de Font-Romeu, point de passage du chemin de St-Jacques.

L'Ermitage

Juste au dessus, en pleine forêt, des terrains de sports et des immeubles en béton forment le CNEA, le Centre National d’Entrainement en Altitude. Les noms des champions locaux sont partout, Martin Fourcade en tête.

CNEA de Font-Romeu

Le village de Font-Romeu est né avec le tourisme au tout début du XXe. Son Grand Hôtel en reste le principal témoin et fait penser au Grand Budapest Hotel de Wes Anderson.

Grand Hôtel de Font-Romeu

L’église et sa statue du christ ont un air de Rio au rabais.

Si loin de Rio

Le lendemain, comme il neige toute la journée, nous optons pour une autre marche à pied. Nous préférons attendre, peut-être à tort, que les pistes soient damées avant de chausser les skis de fond.

Nous partons en direction de Mont-Louis, pour une randonnée avec assez peu de dénivelée mais que la neige rendra quand même assez physique.

Chemin dans la neige fraiche

Le temps est très correct au début, presque beau à Bolquère, le village de la plus haute gare exploitée par la SNCF à 1593m d’altitude.

Bolquère

La neige nous arrive aux chevilles mais reste une poudreuse très légère.

Chemin entre Bolquère et Mont-Louis

La citadelle de Mont-Louis est un énorme camp d’entrainement commando. Les murs de Vauban sont hérissés de treuils, échelles, tyroliennes… que personne n’utilise sous la neige, un temps idéal pour les commandos pourtant !

Parcours d'Audace

Citadelle de Mont-Louis

Enserré dans ses remparts et sous un ciel qui se plombe, le village est minuscule.

Mont-Louis - (c) IGN

La neige s’alourdit et le retour devient un peu plus pénible. Mais après le col de la Perche, de retour sur le flanc Ouest, le soleil fait à nouveau de très belles percées. La ligne du train jaune n’est jamais loin, mais nous n’apercevons le train qu’une seule fois.

Rails du train jaune

De retour à Vià, nous passons par le four solaire avant de remonter à Font-Romeu. Le four solaire, et les autres des villages environnement sont là pour rappeler que la Cerdagne est la région la plus ensoleillée de France.

Four solaire d'Odeillo

Le lendemain, nous louons des skis nordiques. Le temps est beau mais très venteux. Du coup, la moitié du domaine est inaccessible et nous tournons en rond. Les domaines skiables des villages du coin sont tous totalement déconnectés les uns des autres, alors nous sommes cantonnés à la montagne au dessus de Font-Romeu. C’est ce qui nous déplaira le plus par rapport au Jura.

Le jour suivant, j’opte pour le ski de descente. Il y a énormément de monde car ce sont les vacances de Toulouse, Montpellier, Paris et vraisemblablement quelques espagnols. Le domaine est limité également mais offre de beaux paysages car l’arrière plan, le Puig Carlit, est assez sauvage.

Puig Carlit

Lac des Bouillouses

Après ces 2 journées sur les pistes, nous abandonnons les skis. Nous prenons un bus du département des Pyrénées Orientales pour descendre jusqu’à Villefranche-de-Conflent. C’est pratique, les trajets sont à 1€ symbolique, quelle que soit la distance parcourue.

Villefranche est également une citadelle de Vauban, assez impressionnante malgré sa situation très encaissée en fond de vallée.

Remparts de Villefranche-de-Conflent

Villefranche-de-Conflent

Villefranche est le terminus Est du train jaune. Mais nous arrivons en bus car les horaires du trains ne nous auraient permis d’arriver qu’à la mi-journée alors qu’avec le bus, nous commençons à randonner avant 9h.

Gare de Villefranche-de-Conflent

Nous nous élevons rapidement au dessus de la vallée, passons le fort Libéria et continuons pour 1000m de dénivelée d’une seule traite.

Fort Libéria

D’en haut, on prend mieux la mesure de la cité forteresse de Villefranche.

Villefranche de Conflent

Nous marchons ensuite un peu dans la neige sur un long balcon face au Canigou. Nous grignotons devant un petit refuge non gardé puis redescendons vers les villages de Jujols, puis Olette.

Jujols

C’est en fin de journée que le Canigou se dévoile sous son meilleur jour.

Le Canigou

Nous reprenons un bus à Olette. Le timing est juste assez large pour nous avoir laissé terminer cette grande randonnée de 23km avec 1200m de D+ et prendre un café en attendant le bus.

Le lendemain, nous partons à pied de Font-Romeu direction l’Espagne. Le sentier longe à flanc une gorge assez sauvage et qui a bien conservé la neige que le froid a durci, ce qui rend par endroit le parcours un peu délicat. Mais assez vite nous arrivons dans la cuvette de Cerdagne et la neige disparait.

Cascade dans les gorges de l'Angust

Nous traversons ensuite l’enclave de Llívia. Ce qui nous surprend c’est que la ville est constituée de beaucoup d’immeubles et de maisons quasi-neuves. Mais que presque tout est à l’abandon, volets fermés. Le bulle immobilière des années 2000 en Espagne a éclaté et les logements vacants sont en nombre, partout dans le pays.

Llívia vide

Je m’arrête à Ur et  rentre en bus après 15km de marche. Au départ, nous voulions aller jusqu’à Puigcerdà. Adèle poursuit la boucle à pied. J’ai une tendinite achiléenne qui se déclare et les symptômes d’une grippe, je préfère arrêter là.

Je passe toute la journée suivante à me reposer et bouquiner à l’appartement. La vue sur la Cerdagne n’est pas désagréable.

Sierra del Cadi au dessus de la Cerdagne

Le lendemain, nous libérons les lieux. Adèle retourne faire une dernière journée de ski nordique. Je prend un bus vers Saillagouse puis marche un peu jusqu’aux bains de Llo sous la grande falaise du village. Je passe des heures dans l’eau à 35°C, tantôt à l’intérieur et à l’extérieur, dans des bains plus où moins agités, puis sauna, hammam… Les vacances se terminent en douceur.

Rocher de Llo

Un autre bus me conduit à la gare de Latour-de-Carol. La voiture dans laquelle je suis censé m’installer est absente à cause d’une panne de chauffage. La SNCF m’a prévenu dès le matin. Comme j’ai de l’avance, je préfère descendre en TER jusqu’à Toulouse plutôt que prendre le bus affrété par la SNCF pour remplacer ma voiture. Bien nous en a pris avec quelques autres voyageurs car le contrôleur débrouillard nous trouvera des couchettes en 1ère classe pour Paris avec une correspondance de 5min à peine à Toulouse. De quoi redémarrer une journée en pleine forme à l’arrivée. Il est dimanche, il est 7h, Paris s’éveille.